Le village de Borotalpada

Situé en Inde dans l’état du Bengale Occidental, près de la frontière avec l’état de l’Orissa, Borotalpada est un village santhal. Selon le recensement réalisé en 2015 par les cinq morols (responsables du village selon les us et coutumes santhales) de Borotalpada, le village comptait alors 481 habitants répartis en 77 maisons.

Les Santhals sont l’un des groupes  Ādivāsī (en sanskrit आदिवासी, des racines ādi, «origine», et vās, «habite », «résider» – i.e. « premiers habitants ») ou aborigènes de l’Inde. Vivant généralement dans des régions reculées, les  Ādivāsī sont restés hors du courant de la civilisation indo-européenne qui a façonné le sous-continent indien depuis le IIe millénaire av. JC. Ils ont été largement ignorés des autres Indiens jusqu’à la période du Raj britannique et des explorations plus systématiques du territoire. Aujourd’hui, 60 ans après l’indépendance, les Ādivāsī constituent approximativement 8 % de la population totale du pays. Officiellement reconnus par la constitution comme «Scheduled Tribes» (« tribus répertoriées »), ils sont souvent regroupés avec les « Scheduled Castes » (« castes répertoriées » c’est-à-dire : les « intouchables ») dans la catégorie «Scheduled Castes and Tribes» . De fait, les Indiens non aborigènes les considèrent souvent comme «primitifs». Il n’est pas anodin de rappeler que le père de la constitution indienne, B.R. Ambedkar, auteur également du célèbre essai « L’Annihilation des castes« , et « intouchable » lui-même, n’est jamais parvenu à considérer les Ādivāsī comme des êtres humains à part entière. Pour lui, c’était plutôt des « enfants » qu’il fallait guider sur le chemin du « progrès ». S’il ne s’agit peut-être pas exactement d’une vision néocolonialiste, il en va en tout cas d’une tendance fortement paternaliste, une myopie qui a cours encore aujourd’hui.

 

VIE QUOTIDIENNE DANS LE VILLAGE DE BOROTALPADA

Alors que le projet du centre culturel était lancé, Jean-Frédéric Chevallier, Girish Soren et Falguni Hansda ont mené une enquête dans le village, maison par maison. La question était simple : si ce centre voit le jour – comme vous l’avez demandé – que voulez-vous qu’il s’y passe? Dans les réponses, on entendait deux choses: d’une part la volonté de maintenir vivante des singularités culturelles et, de l’autre, le souhait de découvrir d’autres formes de pratiques – à la fois le désir d’approfondir une unicité et de l’envie de s’enrichir de la multiplicité, l’une alimentant l’autre.

Il était significatif également que les habitants de Borotalpada aient choisi, avec l’argent collecté, de débuter la construction plutôt que d’acheter un terrain supplémentaire. Il fallait d’abord un endroit pour recevoir, pour se parler, se connaître, partager, construire ensemble.

Et, tout en même temps, parce que le Centre culturel maintenant existe, la disposition à participer à des projets qui nécessitent de voyager, le désir de s’aventurer et de s’ex-poser au dehors ne font que grandir.

 


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